• 09 / 05 / 2017 Marketing Agence Actualités

    Royaume du Web : des stars de la toile et des fans

    Retour sur deux jours d’événement

    Ce week-end, nous nous sommes rendus au Royaume du Web à Palexpo Genève. Avec plus de 10’500 visiteurs sur deux jours, c’était l’événement du printemps pour la jeune génération. Parmi les têtes d’affiche, les artistes suisses n’étaient pas en reste. Nous sommes allés à la rencontre de ces stars du web et de leurs fans.

    50 stars du web francophones

    Norman, Mac Fly&Carlito, Le Grand JD, Dear Caroline, Yoann Provenzano … la liste des personnalités était longue. Tour à tour, les stars du web présentes ont enflammé les 13’000 m2 mis à leur disposition pour l’occasion. Stand up, meet up, challenges ils ont improvisé sur scène les performances, pris le temps de discuter en tête à tête, pour ravir leur jeune public. Hors scène, c’est plus de 10 espaces qui ont accueilli les visiteurs à la découverte du monde des bloggeurs, de la réalité augmentée, du digital avec des partenaires comme le CERN, 20 minutes ou Univercité notamment.
    Les jeunes talents présents, communément appelés les micro-influenceurs dans notre jargon marketing, étaient « Emus, et honorés d’être là », comme nous l’a confié la jeune YouTubeuse OhMyKath. Sur les traces de leurs ainés, ils partagent leur passion sur la toile. Ils ne se considèrent pas encore eux-mêmes comme des influenceurs, leur audience n’étant pas assez élevée selon eux. Pourtant, les marques sont conscientes de leur pouvoir de recommandation. Chico Nono a participé et participe à différentes campagnes si elles correspondent à son éthique et sa ligne éditoriale. Ils ont profité de l’événement pour rencontrer plusieurs de leurs fans avec qui ils parviennent à avoir des relations presque « amicales » comme le confie Alexandre PGS. Ce public plus restreint leur permet d’être plus proches de leur communauté, « de répondre à tous les commentaires » nous explique Chico Nono.

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    © Adriano Truscello

    Rencontre avec les fans

    Au hasard des allées, nous avons recueilli les réactions de fans qui comme Louisa 15 ans, fribourgeoise, ont fait spécialement le déplacement pour enfin « voir en vrai leurs YouTubeurs préférés », elle a même « fait dédicacer son t-shirt ». Ces fans les suivent, partagent leur contenu et ont confiance en leurs recommandations. Elsa 19 ans nous confie être ici pour rencontrer AnnaRVR notamment, jeune YouTubeuse Beauté – Lifestyle dont elle suit régulièrement les conseils. Nous avons également rencontré la relève. A 15 ans, Killian, camera au point, n’est pas venu pour les tutos beauté : « Ce n’est pas mon truc » nous confie le jeune neuchâtelois. Il suit 13 influenceurs différents, suisses mais surtout français. Il souhaite devenir caméraman et s’inspire de la carrière du Grand JD. Il ira d’ailleurs s’essayer derrière la caméra mise à disposition sur le stand de la RTS pour tester ses talents.

    royaume-du-web_2© Pierre Albouy

    Lumière sur trois stars du web

    Nous suivons de près leurs activités, nous les connaissons pour avoir déjà travaillé avec eux ou pour préparer une collaboration. Nous avons souhaité faire le portrait de ces trois stars du web suisses.


    Yoann Provenzano

    yoann-provenzanoYouTuber et humoriste – 98’000 fans sur Facebook

    Te considères-tu comme un influenceur ?
    Non, je ne me considère absolument pas comme un influenceur. Tout dépend de ta définition du terme. Ma vision à moi est celle de quelqu’un qui travaille beaucoup avec les marques. Je ne suis pas dans cette verve. Ce qui me motive c’est partager mon délire, faire de l’humour.

    Tu as déjà été approché par des marques. Est-ce-que cela impacte ta production ?
    J’ai déjà créé des partenariats avec les marques mais cela ne représente que 10% de ma production à peu près. Je ne veux pas être un homme sandwich. J’accepte les collaborations marketing uniquement s’il s’agit de vrais partenariats artistiques et si j’ai carte blanche sur la création.

    Quel est ton plus beau souvenir d’humoriste en herbe ?
    J’ai adoré participer au Montreux Comedy l’an passé. Cela m’a permis de passer du virtuel au réel, d’être proche du public. Une mini consécration pour moi.

    Tu fais quoi dans la vie à part faire rire les gens ?
    Je suis en dernière année de Bachelor Français et Anglais. Mon but est de terminer mes études pour pouvoir me lancer à 100%. Ma vie rêvée serait de faire des spectacles et des vidéos à côté, explorer les champs artistiques entre le réel et le virtuel, explorer le musical. J’ai plein d’idées, pour le moment c’est encore embryonnaire…

    Qui sont tes fans ? D’où viennent-ils ?
    Il n’y a pas de profil type : « c’est un mec aux yeux verts… » ! En réalité je n’ai pas la volonté de viser un public, je propose un contenu multiculturel qui n’est pas clivant. J’ai un public assez éclectique qui me suit sur le web, sur scène ou les deux.

    Analyses-tu les performances de ton compte ?
    Par curiosité oui, mais je n’ai pas le souhait de professionnaliser. Je fais évidemment attention au moment de diffusion mais c’est un outil subordonné pour moi. Je veux garder le côté spontané.


    Anil B

    anil

    YouTubeur – + 1Mio d’abonnés sur sa chaîne YouTube de Gaming

    Comment as-tu commencé et qu’est ce qui t’a motivé à partager ta passion pour les jeux vidéo ?
    J’ai commencé il y a 8 ans. J’adorais faire du montage vidéo et j’avais envie de partager avec mes potes ma passion pour les jeux vidéo. Je faisais partie des premiers à créer ce type de contenus, en un mois, j’avais plus de 30’000 vues.

    Te considères-tu comme un influenceur ?
    Je pense que oui. J’ai une audience très large pas seulement sur Youtube, où j’ai 1,4 millions d’abonnés, je suis également sur Twitter (850’000 abonnés), Instagram (780’000 abonnés) et Facebook (430’000 abonnés). Ma chaîne voyage que j’ai créée plus récemment compte 570’000 abonnés.

    Imaginais-tu un tel succès lorsque tu as commencé à partager tes vidéos ?
    Pas du tout. Les 10 premières vidéos ont été le début de l’aventure, le succès a été rapide. J’ai fait 1000 vidéos en 9 ans. Et malgré le succès de mes sujets, je fais tout moi-même et c’est très important pour moi.

    Comme tu l’évoquais plus tôt, tu as décidé de publier sur d’autres sujets que les jeux vidéo. Pour quelles raisons ?
    Il s’agit d’un choix personnel. Depuis 2009, j’ai bien carburé. J’ai passé 5 ans de ma vie à jouer. A 26 ans, j’avais envie de vivre de nouvelles expériences. J’ai voulu me décoller un peu de mes écrans et découvrir le monde, d’où la création de ma chaîne au sujet des voyages.

    En tant que leader d’opinion, tu es approché par les marques. Quel est le pourcentage de ta production qui est impacté par ces marques ?
    Je dirais qu’on est sur un ratio de 60% pour moi, 40 % inspirés par les marques. Je travaille pour beaucoup d’entités : Coca Cola, Gant, Volvo… Je choisis les projets selon plusieurs critères. La marque doit me correspondre personnellement, je dois m’en sentir proche. Elle doit me laisser la main sur le créatif, et globalement le projet doit pouvoir s’intégrer à ma ligne édito. En juillet 2017, on pourra me voir dans une publicité pour un produit L’Oréal.

    Poursuis-tu d’autres activités à côté ?
    Cette activité me prend 100% de mon temps, elle me permet de gagner ma vie depuis 4 ans.

    Quelle est ta meilleure et ta pire expérience ?
    Il y a quelques mois j’ai eu une véritable remise en question. J’ai fait une vidéo pour dénoncer les abus du système YouTube : les sujets « putes à clic », la quantité plus que la qualité… Avant je faisais une vidéo par jour, maintenant je privilégie la qualité à la quantité et n’en propose qu’entre une à trois par mois.
    Ma plus belle expérience est le travail réalisé pour ma vidéo Tchernobyl, 30 ans après… Non seulement j’ai pris beaucoup de plaisir à la réaliser mais en plus j’ai de supers retours. C’est ce type de contenu que j’ai envie de créer aujourd’hui.

    Qui sont tes fans ?
    Dans le domaine du gaming c’est 90% de mecs âgés de 10 à 18 ans.
    Ma chaîne de voyage, elle, attire 60 % d’hommes et 40% de femmes entre 18 et 35 ans.
    La relation est quasi amicale avec ces derniers. Ils m’apportent des conseils constructifs, m’indiquent comment ils aimeraient que je traite les sujets. C’est ma véritable satisfaction.


    Margaud Liseuse

    margaud-liseuse
    BookTubeuse – 49’000 abonnés sur YouTube

    Nous te rencontrons dans cet espace dédié, entourée de livres, loin des bruits alentours. Ton univers a l’air assez différent, peux-tu nous expliquer en quoi consiste ton activité ?
    Mon activité est en effet assez différente de celles des artistes présents ici ! Je suis libraire de métier, et ce que j’adore par-dessus tout c’est le conseil. J’ai démarré par un blog en 2009 pour partager ma passion pour la littérature et en 2011 j’ai décidé de lancer une chaîne YouTube.

    Dans le jargon, nous t’appelons une influenceuse. As-tu le sentiment de posséder ce pouvoir de recommandation ?
    Je n’aime pas ce terme : influenceur. Je le trouve assez prétentieux et péjoratif.
    Je suis consciente de mon pouvoir de recommandation. J’estime avoir un rôle de passeur. Je transmets ma passion. Ce que j’adore c’est que mes abonnés découvrent un livre et me disent avoir passé un super moment grâce à moi.

    Quel est ton rapport avec les maisons d’édition ou les marques ?
    J’ai un contact direct avec les maisons d’édition qui, au même titre qu’un journaliste, m’invitent à lire des ouvrages. Cependant, je n’accepte pas de cachet pour lire, je dois être libre de donner mon opinion quel qu’il soit. En revanche, si on attend de moi un travail d’interview ou de présence sur un salon, c’est différent. La relation devient contractuelle. J’accepte les contrats seulement s’ils respectent mon cadre éthique.

    Que t’apporte cette activité complémentaire à ton travail ?
    C’est une véritable source de satisfaction personnelle. Je partage ma passion et en plus je me suis fait un cercle de vraies amies composé d’autres BookTubeuses.

    Qu’est ce qui est le plus difficile pour toi ?
    Le pire pour moi, ce sont les commentaires négatifs, voire méchants. En me positionnant par rapport à mes lectures, ou des ouvrages, je m’ouvre personnellement. Certains lecteurs sont parfois impitoyables et je m’expose à des critiques virulentes si mon opinion porte atteinte à l’objet de leur affection. Malheureusement, il y a des sujets que je n’ose plus aborder de peur de déclencher des foudres. C’est dommage…

     

    Elodie Asselineau
    Responsable de la communication