• 08 / 02 / 2018 Technologie

    Les Progressive Web Apps (PWA) vont-elles bouleverser le paysage numérique ?

    Et oui, c’est encore une nouvelle technologie qui pointe le bout de son nez. Partant de ce postulat, on pourrait craindre un énième support qui viendrait s’intercaler entre les bons vieux sites web, les Apps mobile, et autres solutions hybrides. S’il y a un peu de ça, les progressive web apps (PWA) sont surtout pensées pour regrouper plusieurs technologies et écosystèmes pour simplifier la vie des éditeurs et des utilisateurs.

    Définition d’une Progressive Web App

    Très sommairement, une PWA est un site web « responsive » amélioré qui se comporte comme une appli issue de l’App Store d’iOS et le Play Store d’Android, sauf qu’elle est directement hébergée sur le web, avec une URL, comme un site classique. C’est principalement Google qui est derrière cette initiative.

    Pourquoi Google ouvrirait-il le marché des Apps hors de son store ?

    Le marché des Apps est en crise existentielle. On télécharge des gigas d’Apps sur nos smartphones comme un puits sans fond, pour finalement n’en utiliser que très peu.
    On peut aussi être réticent à cloisonner son utilisation de l’internet au travers d’Appli distinctes, cassant complètement la notion de « surf », sans compter qu’il faut les télécharger, les installer et les maintenir à jour.

    Soulignons également la fragmentation des technologies existantes : Les Apps natives, les Apps hybrides « cross-store » (qui marchent à la fois sur iOS et Android), les webapp que l’on peut associer aux sites responsive, et bien entendu les sites web traditionnels, cette profusion du choix induit une prise de décision de plus en plus complexe. L’objectif de Google avec les PWA est justement de simplifier tout ça, reste à savoir à qui est-ce que cela profitera le plus.

    Oui, mais les sites en responsive alors ?

    Le responsive design n’est qu’un bricolage technique, une solution bâtarde qui donne l’illusion qu’un site est optimisé pour mobile. Si l’interface s’adapte aux dispositifs, le socle technique reste le même et n’offre absolument pas la même expérience et fluidité qu’une App. Mais attention, la transition du responsive vers une PWA n’est pas du tout une nécessité pour tout le monde !

    Quels sont les avantages des PWA ?

    Les avantages sont réels, et laissent entrevoir un avenir prometteur pour cette nouvelle technologie.
    Côté utilisateur :
    – Affichage full screen avec animation 60 FPS procurant une immersion identique à une App classique, le tout avec protocole sécurisé HTTPS.
    – Plus besoin de passer par le store, sans véritable processus d’installation.
    – Expérience utilisateur, fluidité, et engagement bien plus élevé qu’un site responsive.
    – Consultation offline : principal atout des PWA, il sera possible de consulter des contenus hors connexion.
    – Mises à jour des PWA totalement transparentes pour l’utilisateur, comme un site classique.

    Côté éditeur et développeur :
    – Plus besoin de maintenir 2, 3, voire 4 socles techniques distincts.
    – Le fait d’être accessible via une URL facilite grandement le partage, l’accès sans détour par le store, et la possibilité de bénéficier du SEO, bien que cela reste limité. Aussi, les PWA sont encapsulées dans un conteneur (shell) classique en HTML ou AMP (Accelerated Mobile Page).
    – Fidélisation des internautes : l’objectif n’est pas seulement de rapatrier les utilisateurs ayant déjà téléchargé l’App depuis le store, mais surtout de récupérer des utilisateurs web en leur proposant une meilleure expérience utilisateur.
    – Développement beaucoup plus simple qu’une App native. Les développeurs web restent dans leur zone de confort avec du HTML5, et du JavaScript (Angular ou mieux React JS), le tout articulé autour de « service worker » qui permet une gestion optimale du cache, du préchargement, de la gestion offline, des notifications et transitions.
    – En théorie, plus de problèmes de comptabilité liés aux dispositifs mobiles : c’est le navigateur qui gère le rendu. Les phases de test et de maintenance seront réduites.
    – De la même manière qu’une App classique, il sera possible de recevoir des notifications push (excepté celles en lien avec la téléphonie), d’utiliser la boussole, le GPS etc.
    – API dynamiques.

    Mais objectivement, il y a également des inconvénients

    Ne tombons pas dans l’optimisme béat, au risque de tenir un discours de marchand de rêve. Les PWA ne sont pas une révolution, mais juste la promesse d’une belle évolution, et c’est déjà pas mal. À court et moyen terme, elles ne bouleverseront pas le paysage numérique puisque des solutions sont déjà en place, même si tout n’est pas parfait. Le virage sera sans doute long, et le projet encore jeune. Dans le détail :
    – Encore une nouvelle techno, ça va très vite, et les APPs natives sont déjà désuètes alors que de lourds investissements ont été faits par les entreprises.
    – Nécessité de créer un cheminement de rendu précis, en déterminant les éléments consultables offline et uniquement online, afin d’optimiser le chargement du site. Notons que cet aspect est grandement facilité par l’utilisation des « service worker ».
    – Google étant le principal instigateur des PWA, Apple et iOS font du suivisme, mais ne dénigrent pas pour autant cette approche. À date, s’il est possible de faire tourner des PWA sur iOS, il est en revanche impossible d’envoyer des notifications à l’utilisateur.
    – La cohabitation d’une PWA avec une APPs native/hybride du même éditeur peut aboutir à des doubles notifications, comme le rapporte le journal l’équipe.
    – Si le canal SEO promet de toucher une audience plus large que le canal ASO (App Store Optimisation), les fondamentaux sont mis à mal : on se retrouve avec une architecture de type SPA (Single Page Application) qui ne permet pas d’avoir une URL par contenu spécifique.

    À qui se destine principalement les PWA ?

    On pense bien entendu à tous ceux qui ont déjà une App dans les différents stores, mais aussi ceux qui voudraient en avoir une, mais qui faute de moyens se sont abstenus. Si on regarde ceux qui ont déjà franchi le pas pour être à la pointe de la technologie (c’est une motivation très louable), sont bien souvent des sites de presse ou des grandes structures du digital comme Twitter.

    Alors, faut-il se lancer ?

    Vous l’avez compris, les PWA ne sont pas un passage obligé, et tout dépend de votre modèle économique et digital. La technologie AMP, plus propice pour faire du SEO, est également une très bonne alternative surtout pour les sites éditoriaux. Mais dans une logique « mobile first » poussée par Google, ceux qui veulent fidéliser leurs clients/lecteurs sur les dispositifs mobiles à moindres frais devraient sérieusement s’intéresser aux PWA. Même si on constate quelques défauts de jeunesse sur iOS, ce n’est qu’un petit lag, qui ne fait pas d’ombre à l’avenir de cette technologie. Si vous préférez être précurseur que suiveur, c’est un bon choix.

     

    Aurélien Berrut
    Team Brand Experience

Contactez-nous

Virtua S.A.
Avenue de la Gottaz, 36 – 1110 Morges – Suisse
+41 (0)21 544 28 00

Smile  Group Company